La Dévoreuse
Némésis, année 2770
« Hier les étoiles vivaient selon notre volonté.
Il nous appartenait de mettre fin à leur existence.
Aujourd’hui, seul reste nos larmes pour nous consoler durant l’Exode. »
Texte Premier
La petite nef scientifique se posait en douceur.
Le professeur Drachil sauta de la nef avant même que le pont ne soit déployé. C’était pour lui la consécration. Il allait enfin obtenir tout le crédit qu’on lui devait dans la communauté scientifique. Voilà de nombreuses années qu’il tentait de mettre en avant sa thèse. Mais personne ne l’avait jamais écouté.
Le problème avait longtemps passionné les médias, mais comme toute chose, quand on ne trouve pas de solution, au bout d’un moment les spectateurs se lassent et on fini par ne plus en parler.
Mais cette fois ce serait différent.
Fabrice Drachil avait passé sa vie à étudier la xéno-archéologie. Comme tout ses confrères, il avait rapidement été confronté au problème des Monolithes. Sur chacune des planètes colonisées par le Consortium de la Lune, on avait découvert une titanesque colonne de pierre noire. Complètement indestructible et gravée d’étranges runes que personne ne parvenait à déchiffrer.
Fabrice avait consacré sa vie à cette énigme. Qui était ces xénos qu’on avait baptisé les Premiers ? Que signifiait ce texte ?
Jusqu’à il y a trois jours, il n’en avait encore pas la moindre idée. Malgré tous les efforts possibles, les runes gardaient jalousement leur secret.
Trois jours plus tôt, Fabrice avait reçu un appel du président du Consortium. Une brigade d’exploration de la troisième légion venait de repérer une structure Première sur une planète déserte. Mais cette fois, c’était plus qu’un simple Monolithe. La structure s’apparentait plus à une citadelle.
-Vous pouvez aller faire mumuse avec vos cailloux, mais je vous préviens, ne vous éloignez pas, avertit un soldat en chargeant son arme.
Fabrice hocha la tête en signe d’approbation.
Ce monde était désert et donc potentiellement dangereux. Dans ce cas, les militaires du Consortium avaient une consigne très précise et qu’il trouvait un peu barbare : « Tirez à vue sur tout se que vous ne connaissez pas. »
- On n’a pas l’intention de se faire réduire en pièce.
Adriana décochait au militaire un regard noir. La jeune assistante de Fabrice aurait voulu qu’ils soient seul tout les deux pour explorer l’endroit. Elle n’avait aucune confiance en l’escouade de protection qui leur avait été assignée.
-En tout cas, restez bien en arrière et laisser nous faire notre job.
-Comme quand vous avez découvert cet endroit ?
L’officier poussa un grognement. Elle n’avait pas complètement tord. Ne sachant pas comment se comporter face à cette découverte le haut commandement avait appliquer à la lettre leurs consignes de sécurité et avait bombarder le bâtiment depuis l’espace. Ils avaient vite déchantés puisque la structure ne présentait aucun signe de faiblesse après une demi-heure de bombardement intensif.
Le petit groupe se mit en route et deux minutes plus tard, ils étaient devant se qui semblait être la porte d’entrée.
-Il faudrait la faire sauter, fit un soldat en posant la main sur la surface aussi lise que du vers.
-Bonne idée, ça as tellement bien marcher quand vous avez bombardés cet endroit depuis votre vaisseau, ironisa Adriana.
Le soldat ne releva pas et fit semblant de ne rien avoir entendu.
-Il doit y avoir un mécanisme d’entrée, fit un autre homme.
Fabrice cherchait déjà ce fameux mécanisme. Mais il ne trouvait rien. En dehors de cette grande porte il n’y avait rien. Enfin, si, une grosse sphère de la taille d’une poule posée sur un pilier à un mètre sur le coté gauche de la porte.
Il n’y avait aucune aspérité sur cette sphère ni sur la forteresse, comme si on avait tout décapé au laser la veille.
En examinant la sphère, Fabrice fut prit d’une envie furieuse.
Il posa sa main à plat dessus.
A l’instant même où il le faisait, il s’insulta mentalement. Il était bien trop vieux pour faire ce genre d’idiotie. Voilà trente ans qu’il était xéno-archéologue et poser la main sur un appareil xéno sans l’avoir étudier dans ses moindres détaille avant dénotait d’une profonde stupidité.
La sphère s’éclaira d’une douce lumière verte. Des runes écarlates apparurent à la surface et se mirent à tourner dans tout les sens.
-Qu’est-ce qui se passe, demanda Adriana en se précipitant vers Fabrice.
Complètement hypnotiser par la danse des runes devant ses yeux, il ne répondit pas. Maintenant, il entendait des voies de femmes qui chantaient dans une langue étrange. Bien que les paroles lui restent complètement incompréhensibles, ce chant reflétait une profonde tristesse qui lui fit monter les larmes aux yeux.
Ce qui suivit terrorisa complètement les soldats, pourtant entraînés à voir des choses étranges se dérouler. La porte elle aussi se mit à briller de la même lueur verte que la sphère. Il y eu comme une caresse à l’intérieure de la tête de Fabrice.
Il y eut un son de métal qui résonne et une grande rune apparut sur la porte monumentale.
Un choc sourd.
Le bloc de pierre noire coulissa comme si il n’avait rien pesé pour les laisser entrer.
-Je n’aime pas ça du tout, grogna un soldat en épaulant son fusil.
* * *
-C’est fantastique, professeur ! On doit certainement être devant la plus grande découverte xéno-archéologique depuis les ruines d’Asgaard 4.
Fabrice partageait le caractère enjoué de sa jeune assistante. C’était son rêve d’enfant qui était en train de se réaliser. Il venait de mettre à jour la plus grande des structures Premières jamais découverte. Peut-être sauraient-ils enfin qui pouvaient bien être ces xénos si mystérieux qui avaient trouvés le moyen de voyager dans l’espace mais ne laissait aucune trace de leur existence.
-C’est incroyable. On croirait que toute cette structure est faite d’un seul bloc. D’un seul tenant dans lesquels on aurait creusé pour obtenir ce résultat.
-Personne ne peut faire ça, fit remarquer un soldat.
- Aucune race de xénos que nous avons pour l’instant découvert en tout cas ! confirma Fabrice. Mais il semble que les Premiers étaient capable d’exploits pour nous impossibles alors que cela leur semblait naturel.
Le soldat haussa les épaules. Lui, les Premiers et toute ces histoires lui passaient complètement au dessus de la tête. La seule chose qui l’intéressait était de savoir si il y avait ou pas des Krëgs dans cet endroit. A y réfléchir, il ne voyait pas comment ces créatures auraient fait pour rentrer ici.
Les autres membres de l’escouade devait en être arriver à la même conclusion car ils se détendirent.
Fabrice se pencha sur le seul élément de toute la structure.
Une fois les portes franchies, ils avaient parcouru un long couloir qui, selon les capteurs, les avait menés au cœur de la structure.
Le couloir avait fini par déboucher sur une vaste salle aux murs couverts de runes au centre de laquelle se trouvait ce qui ressemblait fortement à un sarcophage de pierre.
-Il faut retirer le couvercle, déclara Fabrice. Une fois que se sera fait, nous devrions en savoir plus.
Adriana hochas la tête. Elle partageait son avis.
-Si je peux me permettre, je ne pense pas que se soit une bonne idée, fit l’officier.
-Lieutenant, je devine votre impatience de regagner le vaisseau et de vous lancer dans l’exploration approfondie de cette planète, mais vous avez pour tache de veiller sur moi et mon assistante. Nous avons décidé d’ouvrir ce sarcophage et nous le ferrons avec ou sans votre aide, déclara Fabrice.
L’homme soupira. Oui il avait envie de partir, de retourner dans le vaisseau d’exploration et de nettoyer cette planète. C’était sa dernière mission avant de pouvoir rentrer chez lui. De revoir sa femme et sa fille après six mois de service actif dans la Légion.
-Le prof à raison. On s’en occupe ou ils ne vont jamais réussir à la soulever cette dalle du sarcophage.
Les soldats se mirent en position autour de l’espèce de grosse boite. Ils attrapèrent chacun une partie du couvercle.
-Un…deux…trois.
Chacun des soldats banda ses muscles et tirèrent pour soulever la dalle.
Avec un bruit apocalyptique, ils la lâchèrent.
La dalle se brisa en entrant en contacte avec le sol.
Adriana aurait bien volontiers crier après les soldats pour avoir détruit le couvercle du sarcophage, mais se qui l’attendait à l’intérieure la laissa sans voie.
Un second sarcophage particulièrement ouvrager se trouvait à l’intérieur du premier. Le masque funéraire était celui d’une femme incroyablement belle. Tout dans ce second sarcophage criait la préciosité. De la pierre bleue qui en constituait la majeure partie aux l’incrustations d’or et de pierre précieuse.
-Encore ces runes, fit un des soldats.
Fabrice se rapprocha un peut plus de sa découverte.
Effectivement, la pierre bleue était recouverte d’une multitude de runes première.
-Il faut qu’on rapporte ça sur Terre pour pouvoir l’étudier, murmura Fabrice.
Cette fois, se fut Adriana qui commit une imprudence. Du même genre que celle que Fabrice avait commis plus taut. Elle toucha la grosse pierre verte qui trônait sur le front du masque funéraire.
Il y eu un sifflement strident, le bruit pneumatique d’une dépressurisation et un grande éclair de lumière.
La seconde suivante, il n’y avait plus rien, que du silence et une obscurité pesante. Mais le mal était fait.
La Dévoreuse était libre.